Mes chers Amis,
Je tiens tout d’abord à vous souhaiter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. La tragédie qui vient de frapper l’Asie du Sud nous rappelle encore une fois ô combien la nature humaine est fragile, qu’il faut donc profiter de la Vie et ne pas hésiter à se laisser emporter par les moments heureux que nous vivons avec nos proches. Comme me l’a dit un ami, Christophe, pour ne pas le citer, je vous souhaite d’être bien entouré, soutenu si vous devez faire face à des moments difficiles.
Je m’excuse aussi de ne pas avoir donné de nouvelles depuis mon arrivée à Delhi. Ce n’est pas que je n’ai pas pensé à vous mais ces 4 premiers mois sont passés à vitesse grand V. L’installation de mon petit (plutôt grand d’ailleurs) chez moi aura été assez longue. Mes nouvelles fonctions à la Mission Economique de l’Ambassade sont très prenantes. Et le reste du temps, je l’ai consacré à la découverte de ce superbe pays et ça c’est difficile d’y résister.
Par où commencer ? Tellement d’anecdotes à raconter, j’ai donc créé ce « blog » sur Internet où je les raconterai au fil du temps. Tellement de belles images plein la tête sur lesquelles il n’est pas facile de mettre des mots. Afin de ne pas duper votre imagination et de « rendre à Gandhi, ce qui appartient à Gandhi », j’ai mis en ligne les photos de ce passionnant pays dans ce weblog. Et c’est interactif puisque vous pouvez les commenter. Merci Alex pour cette brillante idée.
Mais, pour ne pas laisser sur votre faim, je vais quand même vous raconter quelques unes de mes impressions de la transition du pays des cow-boys à celui des Indiens !
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je peux déjà dire qu’après 3 ans d’expatriation à Houston, mes amitiés de France sont toujours aussi fortes comme j’ai pu le constater l’été dernier à Piriac sur mer, à Saint-Malo, à Paris ou à l’île de Ré. Je pense aussi avoir laissé à Houston de très bons amis que j’espère revoir. Je tiens d’ailleurs à vous remercier encore une fois pour vos cadeaux de départ, notamment les vidéos et la chanson que je ne cesse de regarder et d’écouter. Ce qui est aussi rassurant, c’est l’accueil à Delhi, la solidarité entre « délocalisés ! »…de fortes amitiés se sont déjà créées. Leur regard humaniste est vraiment une valeur commune qui est très appréciable.
Le jour de départ de l’aéroport a été pimenté : évacuation du terminal en raison d’un bagage laissé à l’abandon et des frais d’excédents de bagages qui se sont élevés à plus de 1600 euros ! Alors que de Houston à Paris, mes 2 bagages supplémentaires m’ont coûté 100$/bagages sup, les frais d’excédents sont calculés par kgs supplémentaires (40 euros/kgs sup) pour les départs sur l’Asie. Le compte est bon à raison de plus de 40 kgs de poids supplémentaires ! Cela fait cher les nouveaux clubs de golf que je venais d’acheter juste avant de partir pour profiter des prix relativement moins chers aux US, don’t you think Geraud !!!!
Qu’est ce qui peut bien ressembler à Houston lorsque vous arrivez à Delhi en septembre car à priori tout les oppose et bien ces deux villes ont au moins un point commun : la chaleur !! Les tous premiers jours de mon arrivée, il faisait plus de 40 degrés l’après-midi. Mais pas d’humidité car la mousson était terminée à Delhi. Les mois les plus difficiles devraient être de mai à juillet.
Ma première hantise était de tomber malade alors autant vous dire que j’étais très prudent les premières semaines mais à ma grande surprise, je ne l’ai pas encore vraiment été…en tout cas, pas ce à quoi je m’attendais. Et pourtant, les anecdotes qui me sont relatées à ce sujet sont nombreuses comme celle, par exemple, d’une collègue, prise de violentes crises, qui a passé une semaine à l’hôpital après avoir mangé du poisson. Il est, à ce titre, recommandé de n’en manger que l’hiver car les fortes chaleurs ne permettent pas d’assurer la chaîne du froid jusqu’à Delhi. Je suis maintenant beaucoup moins regardant…je croise les doigts. En tout cas, les plats indiens aux multiples saveurs sont excellents. Heureusement que j’aime les plats épicés car on est servi.
J’ai tout de même écopé d’une infection au pied, sûrement une piqûre d’insecte après un périple dans le désert. Heureusement que cela a coïncidé avec un de mes retours en France pour le travail car, bien qu’un médecin local m’ait soigné, cela n’avait pas désenflé au bout de 5 jours et cela s’accompagnait de forts maux de tête. Une petite intervention au scalpel et un traitement adéquat en France m’ont rapidement mis sur pied, c’est le cas de le dire !
Les premières semaines, j’ai logé dans une guest house et ensuite chez un collègue, le temps d’aménager l’appartement trouvé après en avoir visité près de 50. Les brokers se battent pour vous « aider » car les expats constituent une bonne source de revenu : ils touchent une commission d’un mois de salaire par le propriétaire et d’une moitié par le futur locataire et comme nos loyers n’ont rien à voir avec ceux des indiens… ! J’habite le quartier d’Haus Khas Enclave, dans le sud de New Delhi, à une quinzaine de minutes de l’Ambassade, sans trop de coupures d’électricité et d’eau, ni trop bruyant (pas facile avec tous les hurlements de chiens errants !). C’est un duplex, d’une maison de 2 étages, avec 2 salons, 2 terrasses et 3 chambres… bien trop grand pour moi. C’est pour cette raison que je vais déménager au 1er mars dans un appartement plus petit, dans le quartier de Defence Colony plus vivant, mais qui compte toujours 3 chambres alors je vous attends pour les occuper ! L’aménagement de l’appartement reste la partie qui prend le plus de temps. Il n’y a pas d’Ikea ici ! Les moindres achats, du lit aux ustensiles de cuisine en passant par les meubles se trouvent sur différents marchés de Delhi, sans compter le temps de négociation et les retards de livraison. Maintenant, j’ai une « maid » népalaise qui vient 3 fois par semaine pour faire le ménage, les courses et à manger…tout le monde en a, il faut embaucher des locaux…il faut bien se l’avouer, c’est quand-même agréable.
Delhi est une ville qui me plait bien avec ses nombreux quartiers bien espacés et beaucoup de verdure même si elle est forcément polluée par l’importante circulation. En tout cas, je la préfère à Bombay où j’ai eu l’impression d’avoir passé mon temps dans les taxis pour mes rendez-vous : tellement allongée, les trajets prenaient en moyenne une heure et j’avais le choix entre étouffer de chaleur ou asphyxier en ouvrant les fenêtres ! A revisiter car la vie nocturne est paraît-il sans aucune comparaison avec Delhi. Les habitants sont beaucoup plus libérés!! Les filles y mettent des jupes, c’est pour vous dire !…alors que Delhi reste une ville très traditionnelle mais le sari a son charme !
Même si la ville me semble assez sûre, quasiment toutes les maisons ont des gardiens pour assurer la sécurité le jour et la nuit mais quand vous passez dans la rue, ils sont presque tous en train de pioncer !!…Ainsi, la nuit, on entend des sifflements stridents effectués par d’autres indiens dont l’objet consiste à réveiller les gardiens!!! Il faut bien embaucher cette population de plus d’1 milliard de personnes !
Ce qui est frappant dans ce pays, abstraction faite de la pauvreté, c’est le regard enjoué, jovial des indiens, ils ont toujours le sourire, même lorsque vous avez failli les écraser en voiture ! C’est très agréable et en plus, ça se propage aussi sur votre visage et votre moral. De plus, ils sont très ouverts, le contact est donc très facile.
La pauvreté, forcément, elle est à chaque coin de rue, de nombreux indiens dorment sur les trottoirs. Les bidonvilles se mélangent avec la relative modernité des constructions…ces indiens ne semblent pas perturbés par ces grands périphériques qui se construisent autour d’eux et ne changent pas leurs habitudes…par exemple, lors d’un week-end, nous sommes allés en moto près de la rivière Yamuna près de Delhi. A peine sorti de la route, vous vous retrouvez dans un village de pêcheurs et d’agriculteurs composé de vieilles huttes en paille…et toujours un accueil formidable même si l’on se sent parfois mal à l’aise devant leur regard qui nous dévisage. En tout cas, la rivière très polluée ne donne vraiment pas envie de manger leur poisson !
Le travail est, de loin, ce qui me prend le plus de temps. Alors que la vie indienne semble fonctionner au ralenti, l’économie, elle, est en plein boom. Pour ceux qui auraient oublié ce que je fais et ils sont nombreux, non ?! Un bref rappel : je suis attaché commercial à la Mission Economique de New Delhi auprès de l’Ambassade de France pour les Technologies de l’Information et de la Communication et aussi pour le secteur énergétique. Concrètement, me direz-vous : J’aide les sociétés françaises de ces deux secteurs à investir ici en leur cherchant des partenaires, clients potentiels, en leur donnant une vision la plus objective possible des opportunités et contraintes du secteur, etc…J’écris aussi beaucoup de notes pour l’administration sur les enjeux des secteurs comme la politique indienne sur la sécurité d’approvisionnement énergétique, l’outsourcing dans les services IT, la coopération entre nos pays, etc… Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a de quoi faire : les demandes d’entreprises et les visites ministérielles, de PDG de sociétés françaises implantées ici et de journalistes s’enchaînent. Il m’a donc fallu prendre mes marques au plus vite et je le fais avec plaisir car c’est vraiment captivant à l’heure où la Chine et l’Inde sont scrutés par le monde entier. Alors que l’on ne regarde que la thématique des délocalisations dans les IT, le pays est en pleine transformation et a un besoin énorme d'infrastructures énergétiques, routières, aéroportuaires, etc…mais tout est lent. La démocratie qu'on ne peut que saluer joue contre la mise en oeuvre rapide des projets...on ne peut pas tout avoir!
Et puis, à coté de ça, il y a un besoin essentiel de prendre l'air en dehors de Delhi. La pollution, le grouillement de personnes autour de vous, le brouhaha permanent peuvent vous rendre le quotidien éprouvant! Et les récits entendus comme les photos aperçues chez les uns ou les autres sont de véritables invitations aux voyage : les couleurs, la beauté des paysages et des indien(ne)s, les anecdotes assez surprenantes. Les destinations ne manquent pas : le Kerala, le Rajasthan, le Ladakh, pour les plus connues mais ce pays recèle plein d’autre trésors. Les échanges humains et culturels sont d’une richesse incroyable, autre qu’au pays des hamburgers ! Petite parenthèse, les Mc Do d’ici sont dégueulasses, ça ne veut pas dire non plus que ceux de France ou de Houston étaient bon non plus ! Encore une fois, vous êtes les bienvenus. Si je m’en tiens aux promesses de voyages en Inde des uns et des autres, alors normalement, je n’ai pas de souci à me faire, n’est ce pas ?!!! En espérant que ce ne soit pas comme à Houston !
J'ai déjà pu découvrir les villes de Bikaner et Deshnoke et le désert de Thar dans le Rajasthan pendant le week-end de Diwali (cette fête célèbre le retour de Rama dans son royaume avec sa femme Sita, toutes les maisons sont illuminées et les feux d’articice, pétards retentissent dans les villes). Après une nuit de train, on a découvert un superbe palais du XVIème siècle à Bikaner. Nous avons ensuite fait un safari en dromadaire dans le désert de Thar avec 2 nuits à la belle étoile : un régal de dîner et chanter au coin du feu avec nos guides indiens, un rêve de contempler les étoiles au milieu du désert, un bonheur de côtoyer les locaux des villages que nous traversons mais par contre un calvaire pour nos petites fesses d’être à dos de chameaux malgré des selles rembourrées de couverture. Puis, visite à Deshnoke du Temple de Shri Karni Mata ou temple des rats sacrés. D’après la légende, les enfants d’une caste de la région se réincarnaient en rats, ce qui explique la dévotion dont ceux-ci font l’objet. C’est assez drôle de voir ces charmantes petites bestioles se balader entre vos pieds et d’aller se régaler de lait et de petites boulettes de je ne sais quoi dans la gamelle où sont faites les offrandes !
J'ai aussi navigué dans la baie de Bombay sur un vieux dériveur, leur yacht-club se résumant à une dizaine de ces petites merveilles. Le coucher de soleil sur l’India Gate et le l’hôtel Taj Mahal valait son pesant d’or.
Enfin voilà, c'est dépaysant, voire même envoûtant, comme je le souhaitais.
Comme certains me l’ont dit lors de mon retour en France en novembre dernier, je semble plus épanoui que lorsque j’étais à Houston. Je ne peux pas contredire !
N’oubliez pas de consulter et de commenter mon blog dans lequel j’approfondirai certains sujets évoqués ici mais où je raconterai aussi d’autres histoires au fil de mes découvertes et de mon quotidien qui ne manque pas de piment !
Je pense à vous tous même si je ne donne pas de mes nouvelles très souvent et je vous attends pour vous faire découvrir la beauté de l’Inde.
Je vous embrasse tous très fort.
Don’t forget : enjoy life !
Amitiés,
Stéven
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